Romainville, le 25 06 2008
Propos du Père François
De la démocratie bien appliquée.
Voici plus d’un an, quelques et moi-même avions créé une association des Amis
du Trianon, qui avait essentiellement pour but de veiller à l’indépendance de notre salle de cinéma et de nous préparer à lutter contre les attaques des grandes chaînes UGC et MK2 (rappelons à ce
propos que Marin Karmiz est un homme de gauche, socialiste je crois….)
Ces deux groupes s’en prennent aux cinémas municipaux qui veulent augmenter
leur nombre de salles, parce qu’ils sont subventionnés, ce qui fausse « les lois de la concurrence ».
En bonne logique capitaliste, ils ont raison, mais où sont la morale et les
grands principes républicains là-dedans ?
Revenons à notre association ; prenant conscience de ce que ma présence et
celle de la secrétaire (devinez qui c’était) à la tête de l’association donnaient à celle-ci un caractère trop politique, nous nous sommes retirés du bureau.
Disons tout de suite que notre association n’a pas fonctionné. Je la considère
pour ma part comme défunte.
Entre temps, nous avions demandé audience au premier Adjoint.
Il nous avait reçus fort courtoisement et nous avait autorisés à transférer
notre siège à la Maison des Associations et nous avait promis de mettre à notre disposition, dans la mesure du possible, des salles pour nous réunir.
Rien à dire de ce côté, si ce n’est que l’Adjoint nous avait déclaré
benoîtement que l’on ne pouvait pas considérer notre association sans se demander si elle ne constituait pas une tentative de créer un « contrepouvoir ».
Telle n’était pas notre intention mais le terme aurait dû nous alerter, car il
signifiait a contrario que la mairie entendait, elle, se servir du Trianon comme d’un « pouvoir » d’une sorte de courroie de transmission, de publicité, tant il est vrai qu’à
Romainville, si on parle beaucoup de démocratie et de liberté, on ne met guère ces valeurs en pratique (on l’avait déjà vu lors de la création des conseils de quartier où on est allé jusqu’à
truquer les élections pour tenter d’obtenir des organismes aux ordres).
Ce soupçon, qui était né peu après l’audience, s’est trouvé confirmé lorsque
nous avons vu apparaître dans le bulletin du Trianon la signature du Premier Adjoint, qui nous expliquait doctement dans ses éditoriaux le programme à venir alors que, à ma connaissance, il ne
met pratiquement les pieds dans les salles obscures. (je me demande d’ailleurs si c’est lui qui rédige ces éditoriaux.)
On a vite compris que c’était une façon de faire apparaître sa signature dans
un document abondamment diffusé et de faire ainsi sa propagande à peu de frais.
J’avais déjà protesté à l’époque et ces pratiques regrettables avaient cessé,
pour laisser la place, comme il est normal à la prose de la nouvelle directrice du Trianon, très qualifiée, semble-t-il, pour tenir ce rôle.
Mais voici que, dans le dernier bulletin du Trianon, reparaît la signature
incongrue.
Alors je me vois obligé de revenir à la charge.
Soyons clairs en effet : il y a là un mélange des genres
insupportable : le politique n’a rien à voir avec l’art ? Sinon pour lui fournir des moyens et rester en retrait.
Je me suis procuré un des derniers numéros du Méliès, organe de presse du
cinéma du même nom à Montreuil (N° du 9.4 au 13.5).
La comparaison est écrasante.
L’éditorial, important et intéressant, est naturellement signé par le directeur
de l’établissement, qui se paie le luxe de remercier le maire-sortant pour son action en faveur de la salle, tout en se félicitant de ce que la nouvelle maire adopte des positions identiques à
celles de son prédécesseur.
Aucune signature politique ne figure dans ce journal.
Procurez-vous ce bulletin et vous comprendrez ma colère quand je vois, à
Romainville, le politique tenter de s’approprier ce qui ne lui appartient pas, de même que quand j’apprends la naissance d’une nouvelle association de défense du Trianon qui, bien sûr ne sera
encore une fois qu’une émanation de la mairie, toute à la dévotion de la maire Valls (je commenterai sa composition quand je la connaîtrai).
Encore une fois, parlons moins à Romainville de démocratie mais apprenons à la
pratiquer.
Salut.
François Le Cornec
PS (qui n’a rien à voir) :
Je ne résiste pas au plaisir de vous parler encore une fois de mon meilleur
ami, Gérald Calzettoni.
D’abord pour rectifier une double erreur de mon dernier
mail :
D’abord la scène tragi-comique se passait à l’école Langevin et non à
Cachin
Ensuite Gérald, parlant du problème d’une 10ème classe dans
l’établissement à qualifié la question du parent d’élève de « polémique » et non de « provocatrice ». Tout cela ne change rien, évidemment, au comportement de ce bon
garçon.
A
propos de lui, a-t-il été exclu des verts (si tant est qu’il y ait jamais été inscrit) après avoir voté contre toute consigne, pour le candidat au syndicat d’aménagement de la base de loisirs qui
venait d’être exclu des écolos, mais se trouve être marié avec une femme très proche de la maire Valls ?